Il m’a fallu presque deux ans pour écrire ces lignes.
Deux ans pour trouver les mots justes après cette célébration de la Journée Mondiale du Réfugié 2024 ,dont j’ai eu l’honneur d’être maîtresse de cérémonie à Rabat au Maroc, aux côtés du HCR et de ses partenaires.
Une journée faite de témoignages, de regards, de parcours de vie et de résilience. Et depuis ce jour, une phrase me revient souvent.
Je ne suis pas réfugiée, mais…
Je ne suis pas réfugiée, mais je sais ce que c’est de vivre à l’étranger.
De devoir construire sa vie ailleurs.
De naviguer entre plusieurs cultures.
De devoir bâtir un réseau, une crédibilité, une légitimité… loin de chez soi.
Je ne suis pas réfugiée, mais je sais ce que c’est de devoir avancer en ne comptant, au départ, que sur la confiance et la bienveillance des personnes que l’on rencontre dans ses pays d’accueil.
Je ne suis pas réfugiée, mais je sais ce que signifie devoir se réinventer.

La résilience a un visage
Lors de cette journée, j’ai rencontré Brigitte, une réfugiée ivoirienne installée au Maroc. Le HCR et ses partenaires ont cru en elle, ils l’ont accompagnée.

Mais ce qui m’a frappée, c’est surtout ce qu’elle a fait de cette opportunité.
Elle a créé une activité de vente de pagnes africains.
Une activité simple en apparence.
Mais derrière cette activité, il y a quelque chose de beaucoup plus grand : une femme qui a refusé de se définir par ce qu’elle a perdu,
et qui a choisi de se définir par ce qu’elle peut construire.
Je l’ai revue récemment, dans sa boutique à Casablanca.
Toujours debout. Toujours active. Toujours déterminée.


Et je me suis dit que la résilience ressemble souvent à cela :
des personnes ordinaires qui décident de continuer.
Une voix compte toujours
Je ne suis pas réfugiée.
Mais je viens d’une région du monde — l’Est de la République Démocratique du Congo — d’où partent malheureusement de nombreux réfugiés, à cause d’un conflit qui dure depuis trop longtemps.
Alors oui.
Je ne suis pas réfugiée.
Mais je crois profondément que chacun de nous peut être une partie de la réponse.
À travers son travail.
À travers sa voix.
À travers ce qu’il choisit de montrer au monde.
C’est pour cela que j’ai toujours estimé qu’il était important d’avoir une tribune.
Une plateforme.
Un espace de parole.
Pour raconter.
Pour valoriser.
Pour donner de la visibilité à celles et ceux qui agissent.

Montrer la meilleure version de nous-mêmes
Nous ne sommes peut-être pas toujours ce que nous espérons être.
Mais nous pouvons toujours choisir ce que nous devenons, et ce que nous montrons au monde.
Dans mon travail en communication et en influence, je crois profondément à cela :
la capacité de chacun à révéler la meilleure version de lui-même.
Quitte à évoluer.
Quitte à apprendre.
Quitte à se transformer.
Parce que ce sont ces transformations individuelles qui, au fil du temps, nourrissent les grandes transformations collectives.

Ce jour-là
Ce jour-là, lors de la célébration de la Journée Mondiale du Réfugié, j’ai vu des parcours de courage.
J’ai vu des femmes et des hommes qui refusent d’être définis uniquement par leur statut.
J’ai vu des entrepreneurs, des artistes, des parents, des bâtisseurs.
Et je me suis dit que ces histoires méritaient d’être célébrées.
Je ne suis pas réfugiée.
Mais je suis heureuse d’avoir été là ce jour-là.
Pour écouter.
Pour donner la parole.
Et pour montrer que derrière chaque parcours de migration, il existe aussi des histoires de résilience, de dignité et de reconstruction.
Des histoires dont notre société a profondément besoin.
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