Ce lundi 19 Octobre, ma première tribune paraissait dans L’Économiste, premier quotidien économique du Maroc. J’en suis fière. Mais au-delà de la fierté et des nombreux messages reçus depuis sa publication, cette expérience m’a surtout rappelé quelque chose : en tant que diaspora, nous avons une contribution à apporter aux pays dans lesquels nous vivons. Et nos voix comptent.
Il y a quelques jours, j’ai eu l’immense honneur de signer ma première contribution au Cercle des Experts de L’Économiste.
Le sujet me ressemble : « Maroc–Afrique : après l’import-export, comment construire davantage de valeur ensemble ? »
Depuis sa publication, j’ai reçu beaucoup de messages, de félicitations, d’encouragements. Ils m’ont profondément touchée.
Mais une fois passée l’émotion de voir mon nom et mes idées dans les pages d’un quotidien que je lis et observe depuis des années, une autre pensée s’est imposée à moi.
Je suis à ma place.
Être de la diaspora, c’est aussi contribuer
Je vis au Maroc. J’y travaille. J’y entreprends. J’y ai construit des relations, appris des codes, rencontré des personnes qui m’ont fait confiance et bénéficié d’opportunités qui ont contribué à construire la professionnelle que je suis aujourd’hui.
Je suis du Congo RDC.
Et pourtant, avec les années, ma définition du « chez moi » s’est élargie.
Parce qu’une diaspora ne vit jamais complètement entre deux cases.
Nos trajectoires nous font appartenir à plusieurs espaces à la fois. Elles nous permettent d’observer, de comparer, de relier. Et, lorsque l’occasion nous en est donnée, de contribuer.
Cette tribune m’en a fait prendre conscience avec encore plus de force.
Contribuer au débat économique marocain en apportant mon regard sur les relations entre le Maroc et le reste du continent, c’est aussi une manière de rendre à mon pays d’accueil une partie de ce qu’il m’a donné.
Et c’est une responsabilité que j’accueille avec beaucoup de reconnaissance.
Être publiée ce lundi-là n’était pas anodin

Il y avait aussi quelque chose de particulier dans le contexte de cette publication.
Ma tribune est parue dans le numéro du lundi de L’Économiste, au milieu d’une actualité marocaine particulièrement forte, marquée notamment par la présentation du nouveau gouvernement.
Dans ces mêmes pages, il était également question du monde entrepreneurial et d’Entrepreneurs en mouvement, le forum de la CGEM (Confédération Générale des Entreprises du Maroc), auquel participait notamment une importante délégation de membres des patronats d’une quinzaine de pays africains.
Et au milieu de tout cela, cette réflexion : comment le Maroc et les autres économies africaines peuvent-ils aller au-delà des échanges commerciaux pour construire davantage de valeur ensemble ?
J’y ai vu un heureux concours de circonstances.
Mais aussi un signe.
Parce que c’est précisément à cet endroit que je souhaite être : dans les conversations qui rapprochent le Maroc, le reste de l’Afrique et ses diasporas.
Je ne me sens plus seulement kino-congolaise
C’est probablement l’une des choses les plus fortes que m’a apprises cette aventure Diasporaktiv. Je suis Kino-Congolaise, bien sûr. Je suis profondément attachée mes origines. Mais aujourd’hui, lorsqu’il est question d’Afrique, je ne parviens plus à réfléchir uniquement en Congolaise.
Je me sens aussi un peu ivoirienne, par les Ivoiriens qui m’ont soutenue et ouvert leurs portes.
Un peu sénégalaise, par les Sénégalais qui m’ont aidée, fait confiance et accompagnée à différentes étapes de mon parcours.
Un peu malagasy, malienne, burkinabé, guinéenne, nigériane, et bien sûr camerounaise, car c’est le pays qui m’a vue grandir et m’a donné mes premières expériences professionnelles, à la BEAC (Banque des États de l’Afrique Centrale), ou encore dans une entreprise leader des télécoms…
Et profondément liée au Maroc, ce pays qui m’a accueillie, dans lequel j’ai grandi professionnellement et qui m’a tant donnée.
Ce ne sont pas des appartenances administratives.
Ce sont des appartenances construites par les rencontres, la confiance, le travail et la réciprocité.
Peut-être est-ce aussi cela, être de la diaspora africaine aujourd’hui.
Porter son pays d’origine avec soi sans s’y enfermer. S’enrichir du pays qui nous accueille. Et, progressivement, construire des ponts avec d’autres pays, d’autres communautés, d’autres histoires africaines.
Nos voix comptent
C’est probablement ce que je retiendrai le plus de cette première tribune. Pas seulement la fierté d’avoir été publiée, mais la confirmation que nos expériences de diaspora peuvent produire un regard utile.
Nous connaissons plusieurs réalités. Nous circulons entre plusieurs cultures. Nous voyons parfois des complémentarités que d’autres ne voient pas encore. Nous pouvons faciliter des conversations, créer des connexions, expliquer un environnement à l’autre et participer aux débats qui façonnent les relations entre nos pays.
Encore faut-il que nous prenions nous-mêmes conscience de la valeur de cette position.
Cette publication m’a rappelé que ma voix compte.
Et, à travers elle, que nos voix de diaspora comptent.

Alors oui, je suis fière.
Mais je suis surtout reconnaissante. Et encore plus consciente de la responsabilité qui accompagne cette possibilité de prendre la parole.
J’ai le sentiment d’être au bon endroit, au bon moment.
Et j’ai envie de continuer.
Continuer à contribuer au Maroc, qui m’a accueillie et tant apporté.
Continuer à contribuer à la République Démocratique du Congo, dont je viens.
Continuer aussi à contribuer à la France, ce pays qui m’a vue naître.
Continuer à construire avec ces autres pays africains et ces communautés qui, au fil de mon parcours, sont aussi devenus un peu les miens.
Et continuer, à travers DiasporaKtiv et ailleurs, à ouvrir des espaces où ces voix, ces expériences et ces complémentarités peuvent se rencontrer.
Cette première tribune porte mon nom. Mais ce qu’elle représente dépasse largement mon parcours personnel.
Elle me rappelle simplement que nous avons quelque chose à dire.
Et, surtout, quelque chose à apporter.
La suite reste à écrire ✍🏽✍🏼✍🏻✍️
Entre-temps, vous pouvez lire ma tribune dans L’Économiste ici.
À très bientôt,
